Droit de préemption après division : le « retour » du locataire à la découpe
- franceinvestissement
- il y a 7 jours
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Une fois l’immeuble mis en copropriété et un nouveau droit de préemption va s’ouvrir au profit des locataires déjà en place.
1. Le droit de préemption de l’article 10 loi de 1975
L’article 10 de la loi du 31 décembre 1975 vise les ventes à la découpe consécutives à la première division de l’immeuble.
Deux situations principales :
1re vente d’un ou plusieurs locaux à usage d’habitation ou mixte, consécutive à la division de tout ou partie d’un immeuble par lots.
Vente de parts ou actions d’une société dont l’objet est la division d’un immeuble en fractions destinées à être attribuées aux associés.
Exclusions classiques :
Lorsque la vente porte encore sur l’immeuble entier (pas de découpe réelle).
Ventes à un organisme HLM.
Vente à un parent ou allié du vendeur jusqu'au 4e degré inclus.
2. Mécanique de la préemption « à la découpe »
Avant toute vente à un tiers du logement occupé, le bailleur doit informer le locataire par LRAR :
Prix et conditions de la vente projetée.
Cette information vaut offre de vente.
L’offre est valable 2 mois :
Si le locataire accepte, la vente doit être signée dans les 2 mois (4 mois s’il recourt à un prêt).
En cas de refus ou de silence, le bail se poursuit ; le locataire n’est pas contraint de partir, car aucun congé n’est donné dans ce mécanisme.
Si, ultérieurement, le propriétaire décide de vendre à des conditions plus avantageuses (prix plus bas, conditions plus souples), le locataire bénéficie d’un nouveau droit de préemption valable 1 mois.
Dans tous les cas, le locataire reste en place : il n’y a pas ici de congé pour vendre, mais uniquement un droit d’acheter prioritairement.
3. Exemple : première division d’un immeuble
Un marchand de biens achète un immeuble de 8 logements loués, le met en copropriété, puis souhaite vendre le lot n°3, occupé par un locataire en place :
Prix envisagé pour le lot n°3 : 150 000 €.
Notification par LRAR au locataire avec le prix et les conditions (paiement comptant, pas de condition suspensive, etc.).
Scénarios :
Le locataire accepte : il aura 2 mois pour signer (4 mois avec prêt). Le marchand réalise une vente « occupée », et le locataire devient propriétaire.
Le locataire refuse : il reste locataire et le marchand peut vendre à un tiers, mais si le prix est ensuite ramené à 140 000 € ou si des conditions plus favorables sont accordées, une nouvelle offre doit être notifiée au locataire, valable 1 mois.
Pour un marchand de biens, ce droit de préemption impose :
D’intégrer dans le rétroplanning de mise en copropriété un délai incompressible de purge (4 mois minimum).
De calibrer la stratégie de prix pour limiter les renégociations qui déclencheraient un nouveau droit de préemption.
Pratiquement de prendre attache avec le locataire dès le départ de l'opération pour connaître ses intentions.




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